L'homosexualité, c'est d'abord une certaine forme de désir et non pas une restriction de la capacité affective ou sexuelle

L'homosexualité, c'est d'abord une certaine forme de désir et non pas une restriction de la capacité affective ou sexuelle
En ce sens, un homme peut avoir une relation amoureuse avec une femme tout en s'identifiant lui-même comme homosexuel, parce que ses fantasmes sont essentiellement orientés vers les hommes.
Par ailleurs, le désir inconscient d'un homme est parfois contraire au choix manifeste d'un partenaire sexuel : ce choix peut être déterminé par un idéal inconscient qui peut s'opposer à son désir réel de façon souvent plus sévère et plus rigoureuse qu'une interdiction énoncée de l'extérieur. Lorsqu'il éprouve un désir homosexuel, un homme peut se convaincre qu'il aime malgré tout les femmes, parce que l'hétérosexualité représente pour lui une sorte d'obligation morale.

En fait, l'affirmation de sa bisexualité correspond souvent chez un homme à une dernière résistance à l'aveu de son homosexualité : la majorité des hommes qui se disent d'abord bisexuels évoluent progressivement vers une homosexualité exclusive. Freud observe que certaines positions homosexuelles n'excluent pas l'hétérosexualité et ne s'accompagnent d'aucune "horreur de la féminité".
Ce n'est pas le dégoût de la castration féminine qui est au fondement de leur homosexualité, mais la composante narcissique du choix d'objet sexuel. Freud en explique le mécanisme : au cours de l'enfance, le futur homosexuel éprouve des sentiments de rivalité et de jalousie particulièrement intenses envers ses frères aînés avec lesquels il doit partager l'amour de sa mère. Sous l'effet de l'éducation, ces pulsions agressives sont refoulées. L'énergie pulsionnelle ne pouvant être annulée, elle se renverse dans son contraire : la haine viscérale pour les frères se transforme en amour homosexuel. Ce dépassement précoce de l'hostilité porte l'homosexuel à voir en la personne d'un autre homme un ami ou un objet d'amour.
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Sunday, 09 July 2006 at 7:02 AM

Edited on Tuesday, 25 March 2008 at 11:06 AM

Beaucoup d'homosexuels se marient pour des raisons sociales : "être avec une femme, c'est être accepté; être homosexuel, c'est être rejeté"

Beaucoup d'homosexuels se marient pour des raisons sociales : "être avec une femme, c'est être accepté; être homosexuel, c'est être rejeté"
Ce terrible regard de la société est incarné en premier lieu par la famille. Beaucoup d'hommes parviennent à vivre ouvertement leur homosexualité à condition de résider loin de chez leurs parents. Le jugement d'une société en évolution n'a pas sur eux l'effet du veto parental. Pour se conformer aux idéaux de leurs parents, les fils homosexuels ne se contentent pas toujours de faux mariages.
Mais la satisfaction d'un idéal ne remplace pas la satisfaction d'une pulsion. L'écart entre les deux donne lieu à des désirs inconscients qui sont à l'origine des névroses.
Ces conflits peuvent provoquer chez un homme des tensions très douloureuses. Dans les cas moindres, ces tensions prennent la forme d'un sentiment aigü de culpabilité. Chez certains hommes, le conflit entre le désir homosexuel et l'impératif de "l'idéal" peut donner lieu à des accès d'angoisse ou de dépression.
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Sunday, 09 July 2006 at 7:03 AM

Edited on Tuesday, 25 March 2008 at 11:06 AM

La peur de l'homosexualité...

La peur de l'homosexualité...
Certains hommes se sont mariés parce qu'ils étaient effrayés par leur propre désir homosexuel. "Vivre avec une femme, cela me rassure. Mais je sens en moi des désirs contradictoires".
La peur d'aimer les hommes repose souvent sur des représentations négatives de l'homosexualité :


"J'ai toujours su que l'homosexualité à vingt ans, c'est la fête, à quarante ans c'est la solitude et la souffrance"

Bien des hommes, passé le cap de la quarantaine, souffrent de la compétition esthétique qui règne dans l'univers homosexuel. Ils craignent de ne plus être à leur place dans ce monde où la jeunesse est souveraine.
Certains hommes considèrent que les plaisirs homosexuels n'ont qu'un temps.
Le mariage représente ainsi une tentation pour des hommes qui redoutent la solitude et qui n'ont pas réussi à établir des relations solides, d'amitié ou d'amour, dans l'univers homosexuel. Ce désir de fuir le "milieu" homosexuel touche aussi des hommes jeunes. Les nuits tardives, les rencontres anonymes et les partenaires multiples correspondent à une certaine réalité de l'univers homosexuel des grandes villes. Ce mode de vie ne convient pas à tous : certains le jugent superficiel. A long terme, il insatisfait ceux qui souhaitent vivre en couple. Mais certains hommes disent qu'ils ne parviennent pas à établir avec un autre homme une relation stable.


"La nuit, on est dans un bar, on croit être heureux, on est ouvert à tout le monde. On a un éblouissement pour un garçon. On donnerait tout pour l'avoir dans ses bras et on attend tout de lui.
On passe la nuit avec lui.
Et le lendemain il ne reste plus rien"

Le désir homosexuel serait trop fugace : les lendemains ne seraient jamais à la hauteur des nuits. Certains rejettent la faute sur le fonctionnement du "milieu" homosexuel.

Rechercher la vie de couple c'est être qualifié de petit-bourgeois hétéro, rechercher l'homme idéal, c'est être comparé à la midinette.
Dans ce milieu, il y a beaucoup de garçons qui préfèrent vivre dans le plaisir, ou dans la passion, mais qui ne supportent pas de rester fidèles.
Ces hommes reconnaissent que les relations homosexuelles comblent le désir sexuel, mais ils estiment qu'elles se révèlent toujours catastrophiques lorsqu'il s'agit d'amour. Les relations homosexuelles mettent souvent en évidence la disjonction entre la recherche de la jouissance et la quête de l'amour.

"Ce n'est pas dans ce milieu que je trouverai l'homme idéal", assure Nicolas. Pour lui, l'homosexualité est une source de tension et de douleur.
Ses relations avec un homme sont toujours de l'ordre d'un rapport de forces, entre la conquête et la possession. La plupart de ses amies sont des femmes. Il leur accorde sa confiance plus facilement qu'aux femmes : "mes relations avec les femmes ont toujours été moins tordues qu'avec les hommes", conclut-il.
Comme il ne supporte pas d'être seul, il a choisi d'habiter avec une amie. Une femme pourrait être son refuge contre l'homosexualité. Elle représente à ses yeux une forme de stabilité et la promesse d'un certain équilibre. Pour lui, l'idéal serait de vivre avec une femme et de réaliser de temps en temps ses désirs homosexuels.
Nicolas confie avec un certaine émotion : "J'aimerais même épouser une femme intelligente, qui puisse accepter ce que je suis. Partager avec elle quelque chose de vrai, de profond. Entre nous, il n'y aurait pas de mystères".


"Dans le monde homosexuel, j'ai trop souffert des mensonges et des trahisons"

L'amour avec une femme, la jouissance avec les hommes - le voeu de Nicolas - illustre de façon exemplaire la disjonction entre l'amour et le désir.
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Sunday, 09 July 2006 at 7:05 AM

Edited on Tuesday, 25 March 2008 at 11:06 AM

Une méconnaissance volontaire chez la femme...

Une méconnaissance volontaire chez la femme...
On estime à 85% environ, la proportion de femmes fiancées à des hommes "bisexuels" qui n'ont jamais soupçonné que leurs futurs époux étaient attirés par des hommes.
Ces femmes, en majorité, ignorent son activité homosexuelle, et ne l'ont appris que le jour où leurs maris ont voulu se séparer d'elles pour vivre avec un homme : il est souvent difficile pour ces hommes qui ont été mariés d'assumer "seuls" l'homosexualité et le mode de vie qui lui est associé; souvent, ils ne quittent la sécurité de leurs familles que pour un partenaire stable, susceptible de leur offrir la sécurité d'un couple.


On peut se demander comment une femme peut réellement ignorer qu'un homme dont elle partage la vie est homosexuel

La découverte de l'homosexualité du mari n'a pas toujours lieu dans un contexte de tension : certaines femmes racontent qu'elles ont trouvé par hasard des revues gays dans les affaires de leurs époux. D'autres ont été averties par une indiscrétion, un appel téléphonique destiné au mari, certaines l'ont même été directement par un amant de celui-ci. Il est aussi arrivé à certaines femmes de surprendre leurs maris avec un homme.

Lorsqu'elles ont découvert l'homosexualité de leurs époux, les femmes tentent d'analyser la relation qu'elles ont avec eux. Elles cherchent à déceler et à interpréter des signes éventuels de leur homosexualité. Il leur est indispensable de reconstruire leur passé pour comprendre une vérité qui leur a échappé. Elles interprètent sous un nouvel angle les absences fréquentes du mari, ses voyages professionnels, des activités extérieures dont elles ignoraient la nature.

Les difficultés sexuelles qui surgissent après plusieurs années de mariage conduisent rarement une femme à conclure à l'homosexualité éventuelle de son mari. Ces difficultés sont beaucoup plus naturellement expliquées par une crise banale que la plupart des couples peuvent traverser après une longue durée de vie commune. Bien que les maris tentent de justifier leur absence de désir par un accès de fatigue ou des préoccupations extérieures, les femmes se sentent souvent responsables des difficultés rencontrées dans leur vie sexuelle. Elles invoquent leurs propres inhibitions ou leur incompétence. Les femmes qui ont connu une relation amoureuse avec un homme homosexuel ont souvent été frappées par le fait que les rapports sexuels sont restés inexistants pendant une période d'une longueur inhabituelle, six mois ou plus .

En général, les femmes apprécient d'abord cette lenteur à aborder l'aspect sexuel de la relation; elles l'interprètent comme une marque de respect. Certaines y voient même la preuve d'un amour authentique et la promesse d'une relation durable. L'absence de rapports sexuels n'interdit pas l'affection et la sensualité.
Si la situation se prolonge, l'hypothèse de l'homosexualité leur paraît souvent sans fondement, dans la mesure où l'homme semble être réellement attaché à elles.


On constate alors que certaines femmes restent dans l'ignorance parce qu'elles cherchent inconsciemment à éviter de se confronter à une vérité douloureuse.Elles conservent une attitude de déni pour ne pas mettre leur mariage en péril : pour ne pas souffrir, elles ne veulent pas savoir

Comment comprendre cette méconnaissance de l'homosexualité d'un partenaire si largement partagé par les femmes concernées ? Découvrir l'homosexualité d'un homme qu'elle aime entraîne chez une femme une interrogation sur les raisons de ce choix d'objet "Ce que j'aimais en lui, c'étaient peut-être justement les qualités d'un homme homosexuel".
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Sunday, 09 July 2006 at 7:07 AM

Edited on Tuesday, 25 March 2008 at 11:06 AM

Réactions d'épouses...

Réactions d'épouses...
Les types de réactions dépendent d'un certain nombre de paramètres, en particulier des "idéaux" de la femme par rapport à son mariage. Les réactions varient en fonction du degré de dépendance affective dans lequel elle se trouve vis-à-vis de son mari.

Le "contenu" de l'aveu a aussi son influence : la réaction de la femme peut être plus tempérée si son époux lui avoue qu'il a des fantasmes homosexuels ou une aventure unique plutôt que s'il fait état d'une pratique homosexuelle régulière qui a perturbé depuis longtemps les relations dans le couple.

Toute infidélité masculine suscite chez une femme le sentiment qu'elle a été trahie.
Lorsqu'elles découvrent que le mari leur a caché une longue pratique clandestine de l'homosexualité, les femmes n'éprouvent plus un sentiment d'injustice, mais bien de trahison. Le coupable n'est plus le sort ou quelque "fatalité homosexuelle", mais le mari, lui-même, tenu pour unique responsable de son propre désir.

Parfois, le fait que le rival soit un homme peut toutefois produire l'effet inverse : certaines femmes s'inquiètent de l'avoir "poussé" vers l'homosexualité en lui présentant une mauvaise image de la féminité, propre à repousser le désir. Elles incriminent en elle des traits ou des comportements relevant d'une certaine "masculinité" : par exemple, un caractère autoritaire ou une situation professionnelle supérieure à celle du mari. S'attribuer la responsabilité de l'homosexualité d'un homme, c'est aussi une façon de conserver un rôle imaginaire dans sa vie. Certaines femmes préfèrent se croire coupables plutôt qu'étrangères au désir d'un mari pour les hommes.

Si toute femme quittée ou trompée souffre d'une perte d'amour, l'amour-propre des femmes semble être parfois moins affecté par une infidélité homosexuelle que par une infidélité commise avec une autre femme.
Une rivale féminine est plus ou moins une semblable avec laquelle une femme peut se comparer. L'autre femme est aimée, désirée et finalement préférée pour un certain nombre de qualités qui manquent peut-être à la première. Lorsqu'il s'agit d'un homme, aucune comparaison n'est possible en termes de qualités. L'objet de la préférence est d'un autre sexe. La faute peut donc être entièrement imputée à l'homosexualité : la femme n'est pas responsable de la préférence sexuelle de son mari; ses qualités de femme ne sont pas mises en question. En outre, celle-ci peut considérer qu'elle garde une position privilégiée parmi les femmes en général puisqu'elle reste malgré tout la seule femme pour son mari.

Lorsqu'elles sont confrontées à une infidélité homosexuelle, certaines femmes éprouvent un sentiment d'impuissance parce qu'elles ne peuvent rivaliser avec un homme.

Un homme ne peut pas choisir entre un homme et une femme comme il pourrait éventuellement choisir entre deux femmes, car les satisfactions qu'il obtient d'un homme ne sont pas les mêmes que celles qu'il cherche auprès d'une femme. L'homosexualité d'un homme apparaît alors comme la faillite de leur féminité toute entière.

# Posted on Sunday, 09 July 2006 at 7:08 AM

Edited on Tuesday, 25 March 2008 at 11:06 AM