Diabolique, Mal

Diabolique, Mal
L'homosexualité ne parle pas seulement de sexualité, qui n'est qu'un "symptôme" mais parle d'amour. Est-il besoin d'en dire plus ?

L'homosexualité n'est pas une perversion, en ce qu'elle n'est pas une modification volontaire de son désir. Je ne veux pas parler des cas extrêmes de celles et ceux qui s'adonnent à toute sexualité dans le seul but de repousser leurs limites : j'imagine qu'ils existent mais je n'en ai pas rencontré. J'ai rencontré par contre beaucoup d'homosexuels. Nombre d'entre eux, dont je fais partie, n'ont absolument aucun désir hétérosexuel, ce qui prouve bien que l'homosexualité ne découle pas d'une envie d'aller plus loin dans sa sexualité, de vouloir tout découvrir ou tout vivre, auquel cas ces homosexuels auraient aussi des rapports hétérosexuels.

Enfin, l'homosexualité, quand elle apparaît, est le plus souvent subie. Chacun s'accommode ensuite plus ou moins bien à cette réalité. Ce n'est donc pas un désir de mal faire.
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# Posté le mercredi 23 juin 2004 03:36

Modifié le mardi 25 mars 2008 10:56

Efféminé

Efféminé
Voilà une grande source d'homophobie, pour les hétéros et même bien des homos.

Il est un peu extraordinaire de constater aujourd'hui la force du sexisme qui reste dans notre société. Etre féminine, pour une femme, est une qualité, tandis que pour un homme, c'est un gros défaut ! L'inverse est vrai quoique peut-être un peu moins : être viril est une qualité essentielle d'un homme mais pas systématiquement un défaut chez la femme. Sauf quand on peut douter de son hétérosexualité : le problème est certainement plutôt là, d'ailleurs.

On peut aussi remarquer que si l'homme un peu macho (mais pas trop, attention) a encore de nombreuses adeptes chez les femmes, nombre de femmes pourtant rêvent d'un homme à l'écoute, sensible et doux. De même, les femmes autoritaires ont également leur succès chez les hommes. Ceci amène à dire que la véritable gêne est l'aspect purement physique de la féminité chez l'homme (ou de la virilité chez le femme). L'autre aspect, celui du caractère, n'est guère choquant.

Est-ce là un nouvel exemple de l'attachement de notre société aux valeurs, pas vraiment fondamentales, des apparences ? En tout état de cause, de même que des femmes en pantalon ne choquent plus personne, il serait bon, un peu, de dépasser nos gênes (je dis nos car j'ai partagé cette gêne) et d'accepter la féminité masculine (!).
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# Posté le mercredi 23 juin 2004 03:38

Modifié le mardi 25 mars 2008 10:56

Education, tabou

Education, tabou
Beaucoup de parents entendent faire un tabou total de l'homosexualité avec leurs enfants. L'idée, avouée ou non avouée, est qu'en n'en parlant pas voire en parlant de l'homosexualité en termes négatifs, ils évitent de faire germer en eux l'idée de pouvoir "choisir" cette voie. Et dans le cas où ce désir germe malgré tout, la pression doit être suffisamment forte pour que les enfants refoulent au mieux ce désir.

Ces parents songent donc que la lutte contre son homosexualité propre doit se faire coûte que coûte et en solitaire, c'est à dire sans pouvoir en parler à ses parents.

Ce choix n'est pas motivé par le raisonnement mais par la peur. Il contient plusieurs erreurs.

Supposons, pour raisonner à partir des hypothèses de départ de ces parents, que l'orientation sexuelle est éduquable.


La première erreur, c'est que même avec un tabou total sur le sujet, l'homosexualité existe. Les tristes années du XXe siècle ont été celle d'une répression accrue de l'homosexualité et donc une époque de honte et de peur (pensons à Oscar Wilde, condamné aux travaux forcés et décédé peu après sa libération, pensons aux homosexuels déportés, pensons à la loi française de 1969 faisant de l'homosexualité un "fléau social" avant qu'une loi de 1981 la dépénalise). Les homosexuels n'ont pourtant jamais disparu. Cela signifie-t-il autre chose que l'homosexualité ne s'attrape pas par contact avec d'autres homosexuels ni par connaissance du sujet ?

La deuxième faille dans ce raisonnement, c'est que ces parents pensent que l'homosexualité peut-être refoulée par un combat intérieur mené au bon moment. En supposant que cela est juste, on constate que ces parents préfèrent faire un total tabou du sujet et découvrir donc l'homosexualité de leur enfant que lorsque celui-ci décide de faire son coming-out et qu'il est alors bien trop tard pour essayer d'en parler. Si l'enfant décide de parler à ses parents de son homosexualité alors que ceux-ci ont toujours mis à l'index les homosexuels soit par leur silence, soit par leur véhémence, cela signifie que le jeune est sûr de son homosexualité. Il est bien évident que s'il doute de ses propres désirs, il ne va pas aller les claironner à des personnes qu'il aime et qui pourraient le rejeter s'il leur avouait cette réalité. Un coming-out, les parents doivent s'en convaincre, n'est jamais fait à la légère. C'est humain de penser que l'homosexualité de son enfant ne sera peut-être juste qu'un passage, mais il ne faut pas trop espérer si c'est votre enfant qui a pris son courage à deux mains pour vous l'apprendre.

Enfin, et c'est là que réside la plus dangereuse faille, si vous, parents, décidez d'éluder totalement le sujet devant vos enfants, vous mettez la vie de vos jeunes en péril. L'homosexualité non acceptée représente la première cause de suicide chez les jeunes.

Plutôt que de se dire sans fin que son enfant ne sera pas homosexuel et qu'en parler est de ce fait, superflu, pourquoi ne pas ouvrir le dialogue sur le sujet avec vos enfants pour les amener à parler de ce désir s'ils le partagent et pouvoir trouver un soutien psychologique et peut-être inverser la balance (je suis toujours dans l'hypothèse que ces tendances peuvent "s'éduquer"). Est-ce que ce dialogue, peu à peu, ne vaut pas mieux que des milliers de jeunes qui sautent devant un RER ou avalent un tube de médicaments, et que découvrir brutalement, du jour au lendemain, que toute la vie hétérosexuelle qu'on ne peut s'empêcher d'imaginer pour son enfant n'aura pas lieu ?

Parents, je vous suggère d'aborder ces questions avec vos enfants. Je vous suggère de leur dire que le désir le plus commun et le plus simple est le désir que deux personnes de sexe opposés ont l'un pour l'autre, que c'est aussi la voie qui conduit le plus naturellement (si ce mot reste contestable, les autres le sont encore plus) vers les joies de la parentalité. Mais je vous suggère aussi de laisser un place dans votre discours à d'autres personnes, à deux hommes ou deux femmes qui s'aiment, qui ne partagent pas le désir pour l'autre sexe et que si leur voie est plus difficile puisqu'elle implique une relative marginalité et parfois quelques soucis, elle peut aussi, passées ces difficultés, rendre heureux.

Le jour où l'homosexualité sera totalement acceptée sera le jour où les parents ne feront plus grand cas de l'homosexualité de leur(s) enfant(s).


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# Posté le mercredi 23 juin 2004 03:42

Modifié le mardi 25 mars 2008 10:56

Vie privée / provocation / militantisme

Vie privée / provocation / militantisme
Combien de fois a-t-on entendu le discours pseudo-ouvert que la sexualité est de l'ordre de la vie privée et qu'elle ne doit pas être étalée et que donc les homosexuels ont tort de s'afficher comme tels car les hétérosexuels ne le font (soi-disant) pas ?

Ce discours est insuffisamment réfléchi (s'il est de bonne foi).

D'abord, si on ne parle pas de la sexualité des hétéros, c'est évidemment parce qu'elle est la sexualité majoritaire et, de fait, présupposée pour tout un chacun. Si la société toute entière changeait sa mentalité pour ne plus imaginer, quand on parle de son conjoint ou de son ami (l'éventuel "e" étant muet), que cet autre est du sexe opposé, ok, on pourra dire qu'on ne parle plus de l'hétérosexualité et on pourra ne plus parler de l'homosexualité. Mais on en est loin : il va falloir modifier tous les imprimés administratifs…

En réalité, ce jour ne viendra pas, car qui voudra occulter de parler de ses enfants, de son attirance vers tel acteur ou actrice, ou tel genre d'homme ou tel genre de femme (sans parler des discours plus triviaux…) ? Quel genre de rapport et d'échange vont avoir les gens s'ils doivent absolument taire tout ce qui leur donne de la joie ? Puisqu'on refuse le mariage aux homosexuels, si quelqu'un parle de son mariage il montre automatiquement son hétérosexualité. Seul le PaCS permet effectivement de respecter cette partie de la vie privée.

Notre orientation sexuelle n'est pas plus privée que cela sauf, peut-être, pour ceux qui ne parlent jamais d'eux dans leur milieu professionnel ou associatif. Mais la réalité c'est que peu de gens souhaitent totalement taire ce qu'ils vivent. Beaucoup sont fiers de pouvoir écrire sur leur CV qu'ils sont mariés et ont des enfants. C'est légitime et pas vraiment contestable sauf que si c'est un gay qui exprime son orientation, on lui reproche alors de faire du militantisme, car on pense qu'il devrait avoir honte et se cacher sans doute…

Je me souviens d'une camarade qui m'a reproché d'avoir fait mon coming out devant la moitié de la promo, car elle trouvait que je n'avais pas à lui imposer cela. On était censé se présenter, un par un, sur l'estrade. Qu'y a-t-il de plus essentiel que qui j'aime ? Se présenter, est-ce ne parler que de ses hobbies ? C'est la même camarade qui, l'année suivante, parlait à tout le monde avec fierté de son mariage…

Ne soyons donc pas choqués par deux hommes qui s'embrassent ou se donnent la main dans la rue, au supermarché ou dans le métro. Compte-tenu, encore aujourd'hui, du cran qu'il faut pour le faire, c'est encore plus beau que quand c'est un homme et une femme.
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# Posté le mercredi 23 juin 2004 03:44

Modifié le mardi 25 mars 2008 10:57

Avoir un enfant gay, c’est pas triste !

Avoir un enfant gay, c’est pas triste !
L'homosexualité d'un enfant ou d'un proche n'est pas toujours facile à assumer. Les mentalités ont certes évolué ces dernières années et permis des avancées considérables dont le PACS est un exemple. Mais le chemin à parcourir vers l'acceptation de cette différence est souvent long, semé d'appréhensions et d'idées préconçues...

Parfois on s'en doutait un peu sans vouloir l'admettre. Pour d'autres parents ou proches, cette révélation fait l'effet d'une bombe. "Je suis sous le choc", "C'est contre nature", "Moi qui rêvais d'avoir des petits-enfants", "Mon enfant ne sera jamais heureux", "Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?". Les préjugés sont tenaces, les amalgames vite faits, souvent seulement par manque d'information.

Des images de l'homosexualité souvent caricaturales

Etre homosexuel ne veut pas dire être travesti, pédophile ou pervers, ni avoir forcément l'allure d'une folle exubérante pour un gai et d'un camionneur pour une lesbienne. Contrairement à ce que certains croient, les homosexuels vivent de grandes et belles histoires d'amour, comme les autres. Les relations homosexuelles se nouent entre adultes consentants, pas forcément dans des lieux de rencontre décadents, comme on a tendance à les présenter en agitant de surcroît l'épouvantail du sida. Les homosexuels ont certes payé un lourd tribut à cette épidémie, mais ils ont été aussi les premiers à se mobiliser. Pour lui, comme pour vos autres enfants, le meilleur discours de prévention que vous pouvez lui tenir doit être fait d'information et de tolérance.

Faire le deuil d'un scénario de vie

Certains parents réagissent très mal à l'homosexualité de leur enfant. Ils peuvent se montrer agressifs, se sentir responsables ou encore malheureux d'avoir à faire le deuil d'une certaine image de lui et des projections qu'ils avaient fait dans l'avenir. C'est vrai, il lui sera sans doute plus difficile d'avoir des enfants. Mais le reste ne change pas. Son homosexualité ne retire rien à sa personnalité, à sa capacité d'aimer, de donner. Ce sera toujours votre enfant et en vous livrant sa vérité, il vous témoigne une grande marque de respect et de confiance. A vous maintenant de respecter sa façon de vivre, ses choix. L'essentiel n'est-il pas son bonheur ?

L'aider à s'assumer

Votre compréhension et votre amour le rendront plus fort pour affronter l'extérieur, l'homophobie irrationnelle de certains, les moqueries, les histoires "drôles".Votre désir de ne pas occulter sa réalité vis-à-vis de votre entourage et de chercher à la vivre au mieux peuvent aussi contribuer à construire une société basée sur la tolérance. Si maintenant sur cette route souvent longue vers l'acceptation, vous avez des doutes, des inquiétudes, sachez qu'il existe des associations comme Contact, un espace d'écoute et de dialogue, qui permet à des homosexuels, à leurs parents et à leurs proches, d'échanger leurs expériences et d'apprendre à mieux se connaître, pour mieux respecter leurs différences.

# Posté le mercredi 23 juin 2004 03:49

Modifié le mardi 25 mars 2008 11:00