La bible interdit plus ou moins clairement l'homosexualité (masculine et pas la féminine), mais elle interdit aussi, et beaucoup plus clairement, de porter des vêtements conçus d'étoffes tissées avec un mélange de fibres différentes. Ceux à qui cette seule réponse ne suffit pas peuvent lire la suite...
Il est demandé à chacun, dans la bible, au sein de la Loi de Sainteté, de ne pas partager sa couche avec un être du même sexe. Il est même écrit que c'est une abomination.
Ce texte fait beaucoup réfléchir et blesse. Cependant son contexte déborde de curiosités. De cette liste d'interdits sexuels est d'abord absente la partouze ! On peut peut-être voir dans l'interdit précité un interdit plus global, qui, puisqu'il interdit de partager sa couche avec une personne de son sexe, interdit donc la partouze puisqu'à partir de 3 personnes, il y a forcément deux personnes de même sexe... CQFD ? Pas si sûr ! Dans cette liste d'interdits - que je vous recommande de lire tant elle est édifiante - sont énumérés en extension tous les cas entres parent/enfants, cousins/cousines, belle-mère, beau-fils... etc. a tel point qu'on se dit vraiment que celui qui a voulu énumérer tout ça a fait un travail bien fastidieux qui aurait pu être simplifié par une formule plus globale. Donc penser que la même personne a tout énuméré d'un côté et tout englobé d'un autre ne tient pas. Tout cela pour dire que la partouze n'est pas explicitement interdite dans cette liste et que c'en est une première curiosité qui permet de douter de sa Validité Absolue.
Dans le même ordre d'idées, toutes relations sexuelles entre parents sont, dans ce texte, interdites en double où seul le sexe change (afin de piéger les malins ?). Par exemple, il est interdit à une fille et à son beau-père de coucher ensemble mais aussi à un fils avec sa belle-mère. Ainsi, si on trouve interdits tous rapports sexuels entre deux hommes, on devrait également trouver son équivalent au féminin. Contre toute attente, on ne trouve pas l'homosexualité féminine dans ces interdits. La Reine d'Angleterre Victoria, elle aussi, avait fait rédiger des lois contre l'homosexualité masculine seule (qui ne s'appelait pas comme ça) lors de son règne. Ses conseillers lui avaient alors demandé pourquoi elle n'interdisait pas de même l'homosexualité féminine. La Reine répondit à cela : "parce que ça n'existe pas !". De même le paragraphe 175, loi criminalisant l'homosexualité et largement utilisée par l'Allemagne Nazie pour déporter les homosexuels et faire toutes sortes d'expériences sur eux, ne parle que d'homosexualité masculine. Que cela signifie-t-il ? Que ces textes n'émanent que d'hommes et non pas de Dieu. Si l'écriture de ce passage avait été divin, Dieu aurait-il oublié l'homosexualité féminine ? Dieu peut-il ignorer que l'homosexualité féminine existe ? Bien sûr que non : Dieu, s'il est ce qu'on nous décrit, est moins ignorant que la Reine d'Angleterre. Seul un homme (ou une femme) pouvait commettre cette erreur qui nous apparaît aujourd'hui grossière. Errare humanum est : l'erreur est humaine, pas divine.
De plus cette liste cite l'interdiction des rapports sexuels d'humains à animaux. La loi biblique la qualifie de "souillure". Je m'étonne de ce mot somme toute assez léger (mais peut-être était-il beaucoup plus fort à l'époque, auquel cas ma remarque ne tient pas). Au delà des goûts et des dégoûts de chacun, il semble curieux de qualifier l'acte homosexuel d'abomination et l'acte "zoo-sexuel" de simple "souillure". On n'a un peu l'impression que celui qui écrit ce texte exprime les degrés de ses propres rejets et qu'ils sont, par rapport à ceux d'aujourd'hui, quelque peu inversés.
Pour en terminer avec cette liste d'interdits, qui se veut faire partie la loi de sainteté divine et au sein de laquelle Dieu rappelle plusieurs fois qu'il est le seul Dieu, la simple présence de qualificatifs tels que "abomination" ou "souillure" trouble. En effet, puisque Dieu affirme que c'est lui qui dicte ces lois, et si c'est bien lui qui le fait, comme il est le Tout-Puissant, a-t-il quelque chose à justifier ? Quel besoin a-t-il d'expliquer par des qualificatifs ce qui est interdit ou ne l'est pas ? Celui qui parle - Dieu ? - cite en effet les mots de "souillure" et d' "abomination" comme s'il interdisait l'homosexualité ou la zoo-sexualité en s'appuyant sur quelque chose (une référence plus absolue que lui ?). Dieu énonçant des lois n'a pas besoin de telles justifications puisque (s'il existe) il est le plus haut des êtres. Autre doute sur la véracité de ces lignes.
Il faut aussi ne pas s'arrêter juste à cette lecture. En effet, quelques pages plus loin, toujours dans la loi de sainteté, on trouve les interdits alimentaires. Rien ne permet de dire si les interdits sexuels sont plus à surveiller que les autres, or, les pères de la chrétienté ont fait des choix - dont je ne connais pas encore les tenants - mais dont les aboutissants ont affranchi les chrétiens de ces interdits alimentaires. De ce fait, comment croire ou affirmer que les interdits sexuels doivent être respectés à la lettre tandis que les interdits bibliques alimentaires ne présentent aucune valeur ? C'est une question que je pose. Si quelqu'un d'érudit en connaît la réponse (qui doit bien exister), qu'il le fasse savoir.
Mon opinion sur ce passage de la Bible est qu'il est l'oeuvre d'un homme et non un précepte divin. Le fait que ni la partouze ni l'homosexualité féminine ne fassent partie de la liste des interdits sexuels en témoigne. L'homme qui a écrit ces lignes a manifestement laissé son empreinte : parmi tous les interdits auxquels on peut s'attendre ne manquent que ses propres désirs. N'oublions pas non plus, pour conclure, que le harem est une façon de vivre citée et autorisée par ce passage de la bible, et qu'avant de s'y référer, il serait bon de vérifier si tout ce qui y est écrit correspond bien à notre façon de voir la relation humaine.